Crise à la FECOHAND : les dirigeants de clubs réclament l’intervention du Premier ministre

Les dirigeants de clubs et équipes de handball membres de la Dynamique « Le Réveil du Handball Congolais » durcissent le ton face à la persistance de la crise au sein de la Fédération congolaise de handball (FECOHAND). Dans une déclaration rendue publique à Brazzaville le 4 septembre 2026, ils contestent la légitimité du comité exécutif fédéral actuellement en place et sollicitent l’intervention personnelle du Premier ministre pour parvenir à un règlement définitif de la crise.

La crise qui secoue la Fédération congolaise de handball (FECOHAND) continue de susciter des réactions au sein de la famille sportive congolaise. Réunis au sein de la dynamique « Le Réveil du Handball Congolais », des dirigeants de clubs et équipes de handball ont rendu publique une déclaration dans laquelle ils dénoncent la gestion actuelle de la crise et réaffirment leur refus de reconnaître la légitimité du bureau exécutif fédéral actuellement en place.

Cette prise de position intervient après les propos tenus par le ministre des Sports, de la Jeunesse et de l’Éducation civique lors de la réception des équipes de l’Étoile du Congo et de l’AS Otohô, le 26 août dernier à Brazzaville, ainsi qu’à la suite du communiqué radiotélévisé du 2 septembre 2026.

Suivre la même actualité en version vidéo

Une contestation de la gouvernance de la FECOHAND

Dans leur déclaration, les responsables de clubs rappellent notamment la sentence arbitrale rendue le 16 août 2025 par la Chambre de conciliation et d’arbitrage du sport (CCAS), qu’ils présentent comme ayant annulé l’assemblée générale élective organisée le même jour.

Ils affirment également que cette assemblée générale aurait été entachée d’irrégularités et considèrent que les conditions dans lesquelles elle s’est tenue demeurent au cœur de la crise actuelle.

Pour ces dirigeants, demander aux clubs et aux équipes de dialoguer avec le comité exécutif fédéral actuellement en place ne permettrait pas de créer les conditions nécessaires à une sortie de crise.

« Nous estimons particulièrement contradictoire de demander aux clubs et équipes de dialoguer avec un comité exécutif fédéral dont la légitimité est précisément au cœur du différend. », souligne la déclaration. 

Ils reprochent ainsi au ministère des Sports de reconnaître, selon eux, la légitimité du bureau exécutif fédéral actuellement en fonction alors que sa légalité fait l’objet de contestations.

Le ministère des Sports directement interpellé

La Dynamique « Le Réveil du Handball Congolais » exprime également son désaccord avec l’attitude qu’elle attribue au ministère des Sports dans la gestion du dossier.

Les signataires estiment que le recours au Tribunal arbitral du sport (TAS), évoqué dans leur déclaration, ne devrait pas servir à prolonger la situation actuelle. Ils demandent plutôt que les décisions rendues par les organes compétents soient considérées dans la recherche d’une solution.

« Notre position ne traduit donc pas un refus du dialogue. Elle exprime notre exigence que tout dialogue s’inscrive dans un cadre légal, transparent, équitable et respectueux des décisions rendues. », poursuivent les dirigeants.

Les dirigeants de clubs insistent ainsi sur leur disponibilité à participer à une médiation, à une concertation ou à toute autre démarche susceptible de mettre fin à la crise.

Ils posent toutefois plusieurs conditions : respect des textes législatifs et réglementaires, respect des décisions des organes compétents, transparence et impartialité du processus, écoute des différentes composantes du handball congolais et recherche d’une solution consensuelle et durable.

Djibril Muyoki, SG adjoint Inter Club/ Handball

Les dirigeants sollicitent l’intervention du Premier ministre

Face à la persistance du conflit, les signataires vont plus loin en sollicitant directement l’intervention du Premier ministre, chef du gouvernement.

Ils invoquent notamment les orientations et instructions du président de la République relatives à la gestion de la crise dans le mouvement sportif national, telles que rapportées dans le compte rendu du Conseil des ministres du 18 juin 2026.

Pour la Dynamique, l’intervention du Premier ministre devrait permettre de favoriser un règlement qu’elle souhaite « définitif, impartial, consensuel et conforme aux textes en vigueur ».

L’objectif affiché est également de restaurer la confiance entre les différentes composantes du handball congolais, de garantir le respect des règles de gouvernance sportive et de créer les conditions d’un nouveau départ pour la discipline.

« Nous ne refusons pas le dialogue »

L’un des principaux messages de la déclaration consiste à distinguer la contestation de la gouvernance actuelle d’un refus de dialogue.

Les dirigeants affirment être disposés à prendre part à une démarche de médiation, à condition que celle-ci repose sur les textes et sur les décisions des organes compétents.

Ils demandent par ailleurs au ministre des Sports de renouer avec l’esprit de dialogue et d’apaisement qu’il avait, selon eux, lui-même initié à travers l’Inspection générale des sports et de l’Éducation physique ainsi qu’avec les différents acteurs engagés dans le processus de médiation.

La Dynamique réaffirme enfin son attachement au dialogue, à la légalité, à l’éthique sportive, à la transparence, à l’impartialité, à la paix et à l’unité de la famille du handball congolais.

« Notre démarche n’a qu’un seul objectif : préserver l’avenir du handball congolais et contribuer à la mise en place d’une gouvernance légitime, transparente et respectueuse des textes. », insistent les dirigeants.

Lire aussi Handball : la dynamique « Le Réveil du Handball congolais » réplique aux propos du ministre des Sports

La déclaration, signée par les dirigeants des clubs et équipes membres de la Dynamique « Le Réveil du Handball Congolais », marque ainsi une nouvelle étape dans la crise qui oppose différents acteurs autour de la gouvernance de la FECOHAND.

La balle est désormais dans le camp des autorités sportives et gouvernementales, alors que les signataires appellent à une solution permettant de sortir durablement le handball congolais de cette crise.

Quitter la version mobile