Claudine Munari, présidente de la fédération congolaise de l’opposition

La présidente de la fédération congolaise de l’opposition, Claudine Munari interpelle l’exécutif congolais à créer les conditions d’un ‘‘dialogue patriotique’’ plus efficace que le fameux dialogue national déjà en cours de consultations politiques, sous l’égide du conseil national du dialogue.

De son franc parlé habituel, Claudine Munari a assumé lors de la conférence de presse qu’elle a animée le 18 janvier dernier à Brazzaville, plusieurs propos relatifs aux questions d’actualités liées à la politique tant au niveau internationale que nationale : économique et sociale, dont la principale préoccupation sur la tenue du prochain dialogue national. Ce, à l’occasion de la  présentation des vœux de nouvel an au peuple congolais.

« Nous sommes nombreux, les congolaises et Congolais qui se tiennent prêts à relever le défi de la reconstruction de notre pays. Nous sommes prêts à discuter des conditions d’une solution pacifique de sortie de crise pour commencer cette grande œuvre. Le dialogue, à n’en point douter, sera au cœur de toute solution pacifique. Nous, la fédération de l’opposition congolaise, sommes prêts à y apporter nos contributions. »

Cependant, elle a rappelé au préalable les éléments basiques et essentiels qui fondent un vrai dialogue « on le sait, pour dialoguer, il faut au moins être deux. La capacité à dialoguer suppose au bas mot, non pas seulement celle de reconnaître l’autre, mais aussi celle de respecter celui avec qui l’on se prépare à dialoguer. Celui qui n’en a pas encore fini  avec le miroir n’est pas mûr pour le dialogue. Pas plus que le monologue, le soliloque n’est pas un dialogue ». Avant de poursuivre sur ce constat « ici encore, on parle du dialogue comme on parle de la paix. On en parle toujours, mais on ne le fait jamais. Nous ne sommes pas seulement devenus le pays du cantique de la paix, mais aussi celui des sirènes de dialogue. Nous en arrivons à cette conclusion parce qu’il est plus simple, en tout cas plus économique d’éviter de créer des problèmes plutôt que de créer des organes pour les gérer. Quand ceux qui créent des organes de gestions de conflits sont les mêmes à l’origine des problèmes à gérer, la raison se perd au milieu, entre eux et ceux qui les croient ».

Une vue de la salle

Puis, sans détour, la présidente de la Fédération de l’opposition congolaise fustige l’actuel conseil national du dialogue (malgré toute sa légitimité constitutionnelle) qui selon elle serait plus à la solde du gouvernement qu’au service du peuple « … nous constatons avec regret que la loi organique relative au Conseil national du dialogue fait de cet organe une annexe de la présidence de la République. Pour cause, non seulement le conseil tout entier est placé sous l’autorité du président de la République, mais en plus, celui-ci en dispose à sa seule guise, puisqu’il en nomme en quantum des membres en conseil des ministres et peut nommer sans limite d’autres membres en dehors ».

De ce fait, Claudine Munari en tire les conséquences aussi radicales « ce contrôle absolu sur l’organe du dialogue assorti d’un droit de véto est malsain. Nous croyons que pour augmenter son utilité et son efficacité, si tant est que la conviction de son opportunité l’emporte, il choira de faire de ce conseil un organe avec une capacité décisionnelle et revêtir ses décisions du caractère exécutoire et obligatoire à l’égard de tous. Autrement, cet organe sera cantonné à organiser des parades des personnalités et à consoler des bonnes âmes. Dans l’ensemble des considérations, le salut public commande : une dissolution immédiate du conseil du dialogue national en l’état ; l’organisation des consultations sur le cadre de la tenue d’un dialogue patriotique ».

Toutefois, il ressort dans ce message de vœux de la fédération de l’opposition congolaise, une certaine volonté de rompre avec la logique qui consiste à attribuer le monopole du dialogue à un camp (majorité présidentielle) au détriment d’un autre (opposition).

En tout cas, si l’on s’en tient à ces assertions de Claudine Munari « ainsi, nous croyons que nous accomplirons ensemble un grand pas si nous prenons le temps de penser à la source de nos problèmes, et décidons de les surmonter, par tous les moyens nécessaires ».

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