La fédération de l’opposition congolaise a formulé plusieurs inquiétudes sur la capacité du gouvernement congolais à relever l’économie suivant les exigences fixées par le fond monétaire international, à l’occasion d’une conférence de presse tenue ce 27 juillet à Brazzaville.

C’est l’infatigable opposant, Clément Miérassa, chef du pôle économique du conseil fédéral, qui en a été le principal animateur, au côté de Charles Zacharie Bowao. D’entrée de jeu, la fédération au travers de son mot liminaire fixe l’opinion sur les réelles causes de la crise « … notre crise est principalement liée à la mauvaise gouvernance. Elle a, selon le Fmi, conduit le pays à une récession économique, des déficits budgétaires élevés, une dette insoutenable, une accumulation d’arriérés intérieurs considérables et une érosion de la confiance. » Une affirmation énoncée jadis par la fédération de l’opposition congolaise dans son mémorandum sur l’état de la nation, le 30 janvier dernier.

Pour la fédération, il est clair que le gouvernement congolais depuis l’annonce du déblocage de la première tranche de 26,2 milliards F CFA par le FMI ne devrait pas s’emballer dans ‘‘une euphorie triomphaliste du pouvoir’’. Rappelant que le Congo n’en est pas à sa première expérience « le Congo a connu en 1996 la facilitation d’ajustement structurel renforcé (FASR), deux programme post-conflit en 1998 et 2000 ; la facilitation de la réduction de la pauvreté et de la croissance (FRPC) en 2004 et l’initiative pays pauvre très endettés –IPPTE) en 2005. Quels en sont les résultats ? Les mêmes causes produisant les mêmes effets, on tourne en rond. »

Clément Miérassa

A cet effet, la fédération de l’opposition congolaise émet de sérieux doute quant à la capacité de l’Etat d’assurer le remboursement du service de la dette tant intérieur qu’extérieur, au regard des engagements déjà pris et à prendre avec entre autres la Chine et les traders. Cette crainte est renforcée par les chiffres qui donnent froid au dos : « la dette du Congo qualifiée d’insoutenable. Selon le ministère des finances et du budget, elle s’élevait à 5,780 milliards de F CFA au 31 décembre 2018. Elle représente non pas 77% du PIB comme annoncé officiellement, mais plutôt 120% du PIB, chiffre largement supérieur à la norme Cmac fixée à 70% ».

Tout en précisant que «  l’apport financier annuel du Fmi n’est que de 87,33 milliards de F CFA en moyenne sur 3 ans. On peut dès lors s’interroger sur son impact réel après que le pays ait : engrangé plus de 30.000 milliards de F CFA et dégagé 14.000 milliards d’excédents budgétaires entre 2003 et 2014, lesquelles auraient pu mettre le Congo à l’abri de toute intervention extérieure. Où sont-ils passés ? Les Congolais en attendent toujours la justification. » affirme cette fédération avant de souligner que le Congo a « connu des budgets annuels dépassant 4.000 milliards F CFA et des budgets d’investissements de plus de 1.000 milliards F CFA. »

Ce doute de voir le Congo remonté la pente de la crise,  semble être partagé par le premier ministre, Clément Mouamba, confirme la fédération en s’appuyant sur ses propres dires devant l’assemblée nationale. « Le plus dur c’est de donner notre cadence dans la manière de gérer nos affaires publiques. » Cette phrase couve ‘‘un véritable aveu d’impuissance du gouvernement’’ asserte cette frange de l’opposition.

D’ailleurs, « le gouvernement aurait manqué de collaborer avec le parlement sur la transparence des contrats de préfinancement conclus par la Snpc ; tous les accords particuliers de financement d’infrastructures financés par les prélèvements en nature  issus des recettes pétrolières ; tous les projets mis en œuvre par le ministère des grands travaux entre 2014 et 2017. Ce, contrairement à ce qu’il a été convenu avec le Fmi », a révélé à la presse, la fédération congolaise de l’opposition.

Fédération de l’opposition congolaise

De ce fait, elle qualifie ce programme entre le Congo et le Fmi de ‘‘programme a minima’’ qui place tout de même le pays sous tutelle du fond monétaire international. Rejetant donc en bloc, toutes les options prioritaires énoncées par Clément Mouamba pour gérer au mieux ces fonds.

Ainsi, la fédération congolaise de l’opposition exhorte les gouvernants à une prise de conscience pour une gestion rigoureuse des affaires publiques. Afin de lutter contre la corruption et les antivaleurs qui demeurent ‘‘au niveau des incantations et d’annonces non-suivies d’effets’’. Tout en sollicitant toujours la libération de tous les prisonniers politiques et la tenue d’un dialogue inclusif.

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