Sommet Russie-Afrique : la formation des journalistes au cœur des échanges

Rossiya Segodnya organise une session consacrée à l’avenir de la formation en journalisme en Afrique./ Agence photo officielle du Sommet et du Forum Russie-Afrique

Le groupe médiatique russe Rossiya Segodnya a organisé, dans le cadre du sommet Russie-Afrique, une session consacrée à l’avenir de la formation en journalisme. Des responsables d’universités et de centres de recherche africains ont notamment débattu du renforcement des compétences professionnelles, de la production multimédia, de l’intelligence artificielle et de la coopération entre médias et établissements d’enseignement supérieur.

Selon le communiqué de Sputnik, la rencontre, modérée par Vassili Pouchkov, directeur de la coopération internationale de Sputnik, a réuni des représentants de l’Afrique du Sud, de l’Éthiopie, du Niger, du Nigeria et du Kenya.

Parmi les participants figuraient Nkosazana Clarice Dlamini-Zuma, chancelière de l’Université de Limpopo, en Afrique du Sud ; Sayeh Kassaw Agegnehu, président de l’Université de Debre Markos, en Éthiopie ; Idrissa Ousseini, directeur général de l’École supérieure de journalisme et de communication du Niger ; Abdullahi Ibrahim Musa, recteur de l’Université de l’État de Kaduna, au Nigeria ; et Hassan Mohammed Khannenje, directeur de l’Institut international d’études stratégiques HORN, au Kenya. Les intervenants ont souligné l’importance d’une formation adaptée aux évolutions du métier, à la transformation numérique et aux responsabilités sociales des journalistes.

Pour Nkosazana Clarice Dlamini-Zuma, les professionnels des médias africains doivent notamment mieux valoriser leurs propres réalités et s’appuyer sur des informations vérifiées.

« Avant tout, je pense que les journalistes doivent raconter leurs propres histoires et non les emprunter à d’autres. Ils doivent toujours s’appuyer sur les faits. Et bien sûr, les nouvelles technologies peuvent aider dans le travail journalistique, mais elles ne doivent pas en être le moteur déterminant », a-t-elle déclaré.

Production multimédia et coopération entre médias

De son côté, Sayeh Kassaw Agegnehu a insisté sur le développement des compétences dans la production multimédia ainsi que sur les perspectives de coopération entre journalistes russes et éthiopiens.

« Il est essentiel de relever le niveau professionnel des spécialistes, en particulier dans le domaine de la production multimédia. Le partenariat entre les journalistes éthiopiens et russes revêt une importance considérable. Nous comptons sur cette coopération et nous nous efforçons de contribuer à son développement », a-t-il affirmé.

Pour Idrissa Ousseini, le journalisme répond avant tout à une responsabilité sociale : informer les citoyens et les aider à comprendre les phénomènes qui touchent leur communauté. Cette mission suppose notamment de disposer de compétences solides, de méthodes de travail rigoureuses et d’une bonne compréhension des réalités sociales.

Intelligence artificielle et hygiène informationnelle

Les transformations technologiques ont également occupé une place primordiale dans les échanges. Abdullahi Ibrahim Musa a évoqué les projets menés durant six derniers mois avec l’agence Sputnik, notamment autour des « technologies numériques dans l’éducation aux médias, en particulier la production de contenus utilisant l’intelligence artificielle. »

Le responsable universitaire a, par ailleurs, souligné l’importance de l’hygiène informationnelle, devenue un enjeu majeur dans un environnement marqué par la circulation rapide des contenus numériques.

Selon lui, la formation d’une nouvelle génération de journalistes nécessite une évolution profonde des méthodes d’enseignement. Notamment à travers la révision des programmes de formation.

Passer des initiatives aux résultats concrets

Au-delà des discussions sur les compétences et les technologies, Hassan Mohammed Khannenje a appelé à traduire les orientations stratégiques en actions mesurables.

« Le moment est venu de passer des paroles aux actes. Lorsqu’il s’agit d’indicateurs aussi importants, l’inaction est inadmissible. C’est pourquoi nous évaluerons notre travail sur la base de plans d’action stratégiques concrets que nous élaborerons et commencerons à mettre en œuvre par la suite », a-t-il déclaré.

Il a également souhaité que la prochaine rencontre permette de dresser le bilan des réalisations plutôt que de se limiter à la présentation de projets.

Cette session organisée par Rossiya Segodnya a ainsi placé la formation, l’adaptation aux outils numériques et la coopération entre institutions au centre des réflexions sur l’avenir du journalisme en Afrique.

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