Le Conseil national de l’Ordre des pharmaciens du Congo conteste l’autorisation d’ouverture accordée à la société PROPHARMA en juillet 2025, après le refus de son agrément par l’Ordre. Dans une déclaration publique, le président Jagger Mpandzo dénonce l’absence de réponse de l’administration à deux démarches entreprises en 2026 et demande au ministre de la Santé et de la Population de se prononcer formellement sur le recours gracieux déposé le 1ᵉʳ juin.
Le dossier PROPHARMA revient au centre du débat sur la réglementation de la profession pharmaceutique en République du Congo. Le Conseil national de l’Ordre des pharmaciens du Congo a tenu une conférence de presse pour exposer ses réserves sur l’autorisation d’ouverture accordée à cette société par le ministère de la Santé et de la Population, alors que l’Ordre affirme lui avoir refusé son agrément quelques jours auparavant.
À travers cette prise de parole, l’institution professionnelle demande des éclaircissements sur la procédure suivie par l’administration. Jagger Mpandzo appelle notamment le ministre de la Santé et de la Population à répondre au recours gracieux déposé le 1ᵉʳ juin 2026, qui sollicite le retrait de l’autorisation contestée.
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PROPHARMA : les missions de l’Ordre des pharmaciens au cœur du dossier
Devant les représentants des médias, le président du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens du Congo a rappelé que son institution n’est pas une association ordinaire. Elle est créée et organisée par la loi nᵒ 012-92 du 29 avril 1992.
Selon les dispositions évoquées par son président, l’article 2 de cette loi confie notamment à l’Ordre trois missions : veiller au respect des devoirs professionnels, défendre l’honneur et l’indépendance de la profession et contrôler l’accès à l’exercice de celle-ci.
C’est au nom de ces responsabilités que l’Ordre justifie sa prise de parole publique. Il estime que les décisions intervenues dans le dossier PROPHARMA soulèvent des interrogations sur le respect du cadre juridique applicable à la profession pharmaceutique et sur les garanties nécessaires à la protection de la santé publique.

Dossier PROPHARMA : retour sur la chronologie des faits
Lors de sa conférence de presse, l’Ordre a présenté plusieurs étapes dans le traitement du dossier. Cette chronologie correspond à sa version des faits et reste à confronter aux explications des autorités concernées et de la société PROPHARMA.
- 26 mai 2025 : la Direction de la pharmacie et du médicament transmet au Conseil national de l’Ordre le dossier de demande d’ouverture de PROPHARMA pour examen en vue de l’octroi ou du refus de l’agrément.
- 2 juillet 2025 : après examen du dossier, le Conseil national de l’Ordre affirme avoir refusé l’agrément par une décision motivée.
- 7 juillet 2025 : le ministère de la Santé et de la Population accorde une autorisation d’ouverture à la société. Selon l’Ordre, il n’a pas reçu l’ampliation de cette décision, une situation que son président juge « curieuse ».
- 30 mars 2026 : estimant que la procédure prévue par la loi nᵒ 012-92, notamment son article 26, n’a pas été respectée, l’Ordre saisit l’Inspection générale de la santé afin d’obtenir des éclaircissements. Il affirme n’avoir reçu aucune réponse.
- 1ᵉʳ juin 2026 : l’institution adresse un recours gracieux au ministre de la Santé et de la Population et demande le retrait administratif de l’autorisation d’ouverture. Selon son président, ce recours est également resté sans réponse à la date de la conférence de presse.
Cette succession d’événements constitue le principal argument de l’Ordre, qui demande aux autorités compétentes de clarifier les conditions dans lesquelles l’autorisation de PROPHARMA a été délivrée.

Pourquoi l’Ordre invoque-t-il la protection de la santé publique ?
Au centre de la contestation se trouve l’interprétation des règles encadrant l’ouverture des établissements pharmaceutiques. L’Ordre invoque notamment la loi nᵒ 012-92 du 29 avril 1992 et son article 26, qu’il estime pertinent pour apprécier la régularité de la procédure suivie.
Selon sa position, le refus d’agrément prononcé le 2 juillet 2025 aurait dû être considéré dans le traitement administratif du dossier. L’autorisation accordée cinq jours plus tard soulève, à ses yeux, une difficulté juridique qui nécessite des explications.
L’Ordre considère que le respect des procédures d’autorisation ne constitue pas une simple formalité administrative. Il le présente comme un élément de la réglementation de la profession et de la protection de la santé publique.
Toutefois, la portée juridique de cette contestation ne peut définitivement être établie sur la seule base de la déclaration de l’Ordre. Elle nécessite notamment l’examen des décisions concernées, des textes applicables et, le cas échéant, des conclusions des autorités administratives ou juridictionnelles compétentes.
L’Ordre annonce des recours juridictionnels.
Le président du Conseil national de l’Ordre affirme que son institution a d’abord privilégié les démarches administratives. Le 30 mars 2026, elle a saisi l’Inspection générale de la santé pour obtenir des éclaircissements, avant d’adresser un recours gracieux au ministre le 1ᵉʳ juin suivant.
En l’absence de réponse, selon l’Ordre, celui-ci indique vouloir engager les voies de recours juridictionnelles appropriées pour contester l’autorisation d’ouverture de PROPHARMA.

L’institution explique également avoir choisi de rendre le dossier public afin d’informer les pharmaciens et l’opinion nationale sur ses préoccupations. Son président affirme que l’Ordre ne revendique aucun privilège, mais demande que les procédures prévues par les textes soient effectivement respectées.
L’issue de cette démarche dépendra notamment des suites données au recours administratif et des éventuelles procédures engagées devant les juridictions compétentes.
PROPHARMA : l’Ordre appelle le ministre de la Santé à répondre
Malgré ses critiques, le Conseil national de l’Ordre des pharmaciens du Congo affirme rester attaché au dialogue avec le ministre de la Santé et de la Population ainsi qu’avec les autres institutions de la République.
Son objectif déclaré est d’obtenir une clarification des responsabilités institutionnelles et de faire examiner la légalité de l’autorisation contestée. Il demande donc au ministre de répondre formellement au recours gracieux déposé le 1ᵉʳ juin 2026.
L’Ordre appelle également les pharmaciens à la solidarité professionnelle et au respect des règles qui encadrent l’exercice de leur métier. Il estime que la rigueur dans l’application des textes est nécessaire au bon fonctionnement du secteur pharmaceutique.
Au-delà de la profession, il rappelle que la réglementation des établissements pharmaceutiques concerne l’ensemble de la population. La sécurité du médicament et la confiance dans les institutions chargées de réguler le secteur constituent, selon lui, des enjeux d’intérêt général.
La position du ministère et de PROPHARMA attendue
À ce stade, les éléments présentés dans cet article reposent sur la déclaration du président du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens du Congo. First Médiac n’a pas encore recueilli la version du ministère de la Santé et de la Population ni celle de la société PROPHARMA.
Leur position est attendue afin d’éclairer les circonstances de la délivrance de l’autorisation du 7 juillet 2025, les suites administratives données aux démarches de l’Ordre et les arguments susceptibles de justifier les décisions prises.
First Médiac reste disponible pour publier les réponses et observations des parties concernées.







































