Les usagers des réseaux sociaux offrent un tout autre visage. Cela alors que les autorités des deux côtés du fleuve Congo privilégient une démarche diplomatique et d’apaisement pour désamorcer les tensions nées de l’incident de Makotipoko dans la nuit du 26 au 27 2026. Insultes, menaces, intimidation, discours xénophobes. Plus graves, les informations non vérifiées inondent la toile et alimentent une confrontation virtuelle entre certains internautes des deux Congo.
Sans le moindre souci de fragiliser davantage les relations bilatérales entre deux peuples pourtant liés par l’histoire et par la géographie, certains acteurs, dans l’euphorie de faire le buzz sur les réseaux sociaux, notamment Facebook et TikTok, ne disent tout sauf rien.
Des appels à la fermeté sur les réseaux sociaux
L’affaire de Makotipoko, une localité située au nord de la République du Congo, très proche des villages de la RDC, a quitté le seul terrain militaire et diplomatique pour s’installer sur les canaux numériques. De nombreuses publications et réactions opposent désormais des internautes de la République du Congo et de la République démocratique du Congo.
« La gentillesse n’est pas une vertu en langage international. On n’a que deux relations en langage international : la relation de force militaire et celle de la diplomatie. À ce stade, l’État congolais doit s’imposer contre les actes barbares perpétrés à l’égard des vaillants soldats de la République du Congo », a réagi Ghers BALYMBA, lors d’une interview réalisée via WhatsApp.
Le journaliste congolais de Brazzaville Broni Fortuna, à l’émission Chronique de BFN diffusée sur Tsieleka Média, estime que « … ce n’est pas parce que nous sommes voisins que l’on doit sacrifier l’État congolais au nom, semble-t-il, de la famille, au nom, semble-t-il, des amitiés. » Pour lui, cette situation doit être regardée sur le plan « administratif et militaire ».
Quant au journaliste du côté de Kinshasa, Delphin Kassongo, « Les soldats de la République du Congo sont morts utilement (…) les personnes qui les ont tués méritent une médaille ».
Kinshasa appelle à la retenue et à la vérification des informations
Face à la gravité de l’incident qui divise même l’opinion de ceux qui sont censés calmer la tempête, les autorités des deux pays ont privilégié une démarche d’apaisement. C’est ce qu’a affirmé Kayikwamba Wagner, ministre des Affaires étrangères de la République démocratique du Congo. « Nous avons appris qu’il y a un bilan, des vies humaines à déplorer des deux côtés. Nous sommes en train de finaliser la triangulation de l’information. Nous comprenons que c’est une situation surtout pour les populations qui sont affectées des deux côtés du fleuve, que c’est une situation particulièrement préoccupante et désolante. Nous comprenons aussi que pour les besoins en information, il y a beaucoup de choses qui circulent. Mais nous voudrions quand même appeler à la retenue pendant que les autorités respectives font le travail de trianguler l’information. Un incident qui n’est pas à l’image des relations que nous avons et des relations que nous continuons à entretenir. »
Brazzaville privilégie la diplomatie tout en mettant en garde
Cette démarche a été suivie par la déclaration du Premier ministre de la République du Congo, Anatole Collinet Makosso, qui laisse un climat de mise en garde malgré le côté pondéré que Brazzaville a toujours privilégié. Face à la presse, il signe : « … aussi vrai que le Congo n’est pas un pays va-t-en-guerre, aussi vrai que le Congo a toujours souhaité régler ses différends sous l’angle de la diplomatie, sous l’angle de la concertation permanente, y compris les conflits frontaliers, mais le Congo ne continuera pas à rester indifférent face à tout acte de provocation, à tout acte d’incursion, à tout acte d’intimidation, de violation de l’intégrité du territoire. »
La position officielle contraste cependant avec l’atmosphère qui prévaut sur une partie des réseaux sociaux. Il faut dire qu’au-delà des échanges parfois violents sur les réseaux sociaux, cette guerre des mots pourrait avoir des conséquences sur les relations entre les populations des deux pays, si aucune mesure n’est prise avec fermeté.
Des voix appellent à préserver la paix entre les deux Congo
Toutefois, tous les internautes ne participent pas à cette confrontation numérique. Plusieurs voix appellent également à la retenue et rappellent que l’incident de Makotipoko ne doit pas être transformé en conflit entre les populations. « Laissons à la diplomatie le soin de régler ce grave incident. Le dialogue et la négociation restent en effet les voies les plus sûres pour désamorcer les tensions et restaurer la stabilité entre les nations. L’histoire montre que la voie diplomatique, bien que parfois lente, permet d’éviter l’escalade et de trouver des compromis durables. « Je félicite le gouvernement pour cette démarche sage et valorisante », a posté en commentaire Josué Emungu.
Dans un élan de responsabilité et surtout de privilégier la paix entre les deux pays auxquels les capitales les plus rapprochées au monde et ne sont séparées rien que par le majestueux Fleuve Congo, Geraldin Clyde centre « Entre nations voisines, la priorité c’est la vie des hommes et la paix du fleuve. Accusons moins. Écoutons plus. Laissons la diplomatie faire son travail. Deux rives séparées par l’eau, unies par le destin. La guerre divise les peuples, le dialogue construit les frontières. »









































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