Avoir un enfant sans être dans un foyer est un phénomène qui prend de l’ampleur à Brazzaville. Jeunes ou adultes ne sont pas épargnés par cette réalité qui s’enracine et s’installe dans les comportements des habitants. Plusieurs raisons expliquent alors ce constat.
Dans les quartiers et au sein de nombreuses familles, plus rien ne se cache. Les jeunes femmes tombent enceintes et accouchent dans les maisons de leurs parents. Certaines d’entre elles, après avoir élevé la grossesse auprès de leur partenaire, rentrent chez leurs parents tout en gardant une relation secrète avec le père de l’enfant. Tandis que d’autres assument seules la responsabilité lorsque le père disparaît ou reste absent.
« Je n’ai pas voulu avoir un enfant avant d’intégrer un foyer. C’est un incident. Cela est arrivé au moment où je ne m’y attendais pas. L’homme avec qui je vivais, donc le papa de mon enfant, m’avait bien garanti que si jamais je mettais au monde avec lui, il m’épouserait. Malheureusement, il a pris la fuite avant même que l’enfant naisse. Jesuis obligé deprendre soin de cet enfant avec l’aide de ma famille et de mon petit commerce ». Confie Deyna Leffet, une jeune fille rencontrée au quartier Nkombo dans le 9ᵉ arrondissement Djiri.

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Contrairement à cette dernière, Kalenga Muana Ba Koko estime qu’« À l’époque avec nos ancêtres, dès lors qu’une fille tombait enceinte dans la maison familiale. Sans que la coutume liée au mariage soit respectée, on partait la déposer tranquillement dans sa belle-famille. Qu’elle vive le malheur ou le bonheur, ses parents s’en foutaient royalement. Cela servait de leçon aux autres qui ne voulaient pas finir comme leurs sœurs ».
Pour lui, c’est l’influence de la culture occidentale et l’obligation imposée dans le respect des droits de l’enfant qui en sont les causes.« Depuis cette histoire de modernité et droits de l’enfant, lespetitesrécoltent des grossesses en désordre. Elles viennent accoucher chez leurs parents qui commencent à prendre en charge l’enfant », a-t-il renchéri.
Pour certains observateurs, il n’est pas judicieux de mettre toutes les femmes célibataires dans la même catégorie. La monoparentalité découle de plusieurs autres circonstances et parfois indépendamment de la seule volonté de la mère.
« Certaines sont devenues mères célibataires après un abandon, un divorce, un veuvage ou des violences conjugales. Doit-on les mépriser pour cela ? » S’interroge un parent.
Abdel Ben, dans une publication Facebook, poste : « Le véritable problème est l’irresponsabilité des parents, qu’ils soient hommes ou femmes.Un père qui abandonne ses enfants est tout aussi responsable de la monoparentalité ».
À Brazzaville, derrière chaque parcours, se cache ainsi une réalité différente, entre choix assumé, séparation et maternité devenue imprévue. Une mère célibataire mérite d’être regardée non avec pitié, mais avec dignité. La valeur d’une femme ne se mesure non seulement à la présence d’un homme à ses côtés ni au regard de la société, mais à son caractère, à son intégrité et à l’amour qu’elle donne à ses enfants.








































