En République du Congo, les journalistes ayant compris qu’ils ne peuvent pas vivre que de leur métier ont décidé de se lancer dans la myciculture. Une initiative portée par le Groupe des journalistes pour la paix (GJP), en partenariat avec l’ONG Mycitech Bio-Congo.
Alors qu’il existe un fonds d’appui à la presse, de jour ou de nuit, c’est monnaie courante de voir, après une activité, les attroupements des professionnels des médias dans les couloirs, dans le hall et parfois même dans les rues, attendant d’être déplacés pour leur service.
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Une attitude, en effet, qui trouve justification dans la précarité financière. La situation exaspère plus d’un journaliste. Lesquels ont décidé de changer la donne à travers une formation sur la technique de production des champignons, tenue du 15 au 22 juin 2025 à Brazzaville.
« On se bat pour aller dans les reportages, avoir les 5 000, 10 000 tous les jours, parce qu’on pense que quand tu as cette somme, tu as de l’argent. Mais si tous les journalistes pouvaient être formés en myciculture, est-ce que tu vas encore te battre pour les 5000 et 10 000 des reportages où on nous fait même attendre sous le soleil pour nous déplacer ? », fait remarquer la présidente nationale du GJP, Christine Nathalie Foundou, lors de la cérémonie de remise des attestations le 22 août.

En effet, selon les statistiques données par le cofondateur de Mycitech Bio-Congo, Ossiby Gockaba Cédric, les petits cultivateurs produisent autour de 1 à 3 kg par jour, et les moyens et grands cultivateurs vont jusqu’à 20 et 25 kg, moyennant plus de 30 000 francs CFA de bénéfice par mois.
« Je peux vous dire, sans se voiler la face, qu’il est arrivé des fois, à la fin d’un mois, de totaliser 300 000 francs à côté de mon salaire. Une fois encore, j’ai eu 400 mille francs de bénéfice et c’est sans compter ce que j’ai dû utiliser pour mes petits besoins. Il suffit seulement d’être un peu organisé dans les finances et vous verrez qu’on n’est pas déçu », a attesté la présidente d’honneur du GJP, Denise Marie Colombe Obongo.
On précise par ailleurs que la variété des champignons produite est « pleurote », celle qu’on appelle couramment « champignons de Paris ». Elle pousse 21 jours après la plantation, à n’importe quelle saison, et ne demande que quelques heures pour la culture. Cependant, en fonction des avantages que procure cette activité, l’inquiétude, c’est celle de savoir si le métier de journaliste survivra lorsque l’objet de sa pratique est uniquement de se remplir les poches.
















































