Le 28 novembre dernier, le président de l’Assemblée nationale, Isidore Mvouba, clamait en présence du président de la République, devant le Parlement réuni en congrès, que la vision de Denis Sassou N’Guesso ‘‘a fait du Congo un pays stable’’.
Dans une interview exclusive accordée à la rédaction de First Médiac, le politique Constant Ebara Péa ne partage pas cet avis.
FM : Dans son projet de société « ensemble poursuivons la marche », le président prône entre autres la consolidation de la gouvernance, la relance économique, ainsi que le progrès social. Pensez-vous toujours que le président n’a pas de vision pour le Congo ?

CEP : Le président n’a aucune vision claire pour le Congo. Combien de kilomètres de route a-t-il construit en 5 ans ?
FM : Pour vous, le Congo est-il un pays stable ou non ?
CEP : Il n’y a aucune stabilité, sauf la propagande. Aujourd’hui, tout le volet social est à terre. Pas d’eau, pas d’hôpitaux, pas d’écoles, les enseignants sont en manque dans l’arrière-pays, le chômage est galopant, le pillage des deniers publics est devenu le sport favori des gouvernants. Le jour où le président, sa famille et son gouvernement vont se faire soigner à Brazzaville, Pointe-Noire ou à Oyo, l’on dira que le système sanitaire est performant au Congo. Du reste, c’est de la pure propagande. Tous les indicateurs sont au rouge. La principale université est en grève, les instructeurs ne sont pas payés. Ainsi, c’est de la pure propagande.
Ce qu’en pense Alphonse Ndongo !
Pour avoir une idée plus nette sur la question, la rédaction a également contacté Alphonse Ndongo, journaliste économique depuis plus de 3 ans en République du Congo.
FM : Selon Google, trois critères définissent la stabilité d’un pays, notamment la stabilité politique, la stabilité économique et enfin, la stabilité sociétale. Confirmez-vous qu’il s’agit bien des facteurs qui déterminent la stabilité d’un pays ?
Alphonse Ndongo : les critères de stabilité d’un pays en voie de développement, définis par Google, doivent se traduire par le développement infrastructurel dans les domaines de la santé et d’éducation de qualité auxquels s’ajoutent le bon fonctionnement de la fourniture d’eau et d’électricité de qualité, des infrastructures.
FM : Au vu de ceux-là, peut-on dire de la République du Congo que c’est un pays stable ?

Alphonse Ndongo : A l’observation, le Congo jouit d’une stabilité politique apparente régulée par une démocratie dirigée à dose homéopathique par le pouvoir. Sur le plan économique, la situation est loin d’être reluisante, avec pour conséquence une baisse tendancielle des indicateurs sociaux. Il faut donc reconnaître que la stabilité du Congo est factice.
Un développement à compte-gouttes
Selon un rapport de l’UNICEF, 44 % des Congolais n’ont pas accès à l’eau potable. Les routes sont cabossées, perforées par les nids de poule et manquent même de bitume pour certaines. Quant à l’électricité et à l’emploi, ils restent de véritables maux pour les Congolais.
Ces dernières années, des avancées notables ont été, cependant, réalisées dans le domaine sanitaire avec le lancement de la Caisse d’assurance maladie universelle (CAMU) et dans le domaine des infrastructures. Toutefois, 65 ans après son indépendance, le Congo, pays pétrolier et abondamment boisé, n’a toujours pas résolu les problèmes élémentaires pour le bien-être de sa population, certes. Mais des signaux d’un développement à compte-gouttes se dessinent.

















































