42 partis politiques sont reconnus officiellement en 2025 au Congo par un arrêté du ministre de l’Intérieur publié le 30 juin dernier. Cela crispe le climat politique car le RRD de Jean Jacques Serge Yhomby et le PDSC de Clément Miérassa. Nous avons interrogé le politique Constant Ebara Péa à ce sujet.
First médiac : Bonjour Constant Ebara Péa, Comment interprétez-vous la décision du ministère de l’Intérieur qui disqualifie les partis politiques de l’opposition, notamment le PSDC de Clément Miérassa, et le RDD de Jean Jacques Serge Yhomby ?
Constant Ebara Pea : C’est une diversion. C’est un règlement de compte politique par celui qui détient l’impérium. La loi est l’expression de la volonté générale vue des juristes mais vue de la science politique elle est la codification des rapports de forts. Et dans un régime autoritaire comme le nôtre on l’utilise pour régler les contradictions politiques. Car les partis qui n’ont pas d’ancrage et qui ne se limite qu’au périmètre de la famille de son président sont reconnus. On ne peut pas comprendre ce qui arrive à ces partis sans tenir compte de la posture de ces leaders vis-à-vis du pouvoir qu’ils qualifient d’ailleurs d’illégitime.

Nous avançons vers l’élection présidentielle de 2026, et ces leaders politiques extraparlementaires mènent une véritable diatribe contre le pouvoir en place. Cet arrêté est une diversion pour qu’ils s’occupent des affaires de leurs partis notamment leur réintégration sur la liste des partis, pour baisser la tension quant aux revendications politiques. La limitation du membre des partis politiques est anti démocratique. Puisque ces partis ne nuisent pas au fonctionnement de l’état même s’ils sont pléthoriques. Ce n’est pas ce qui empêche le gouvernement de payer les salaires.
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FM : Est-ce que cette disqualification est une manœuvre politique du pouvoir ?
CEP : Pour être financé, les partis politiques doivent avoir une assise politique. Or, ces partis n’ayant pas d’assise ni d’élus ne coûtent aucun franc au budget de l’état congolais. C’est une façon de lancer des coups de sommation à ces acteurs qui brillent par la dénonciation dont la prise de parole contrarie le pouvoir.
FM : Est-ce que la loi est-elle instrumentalisée ?
CEP : En politique, la loi c’est la codification des rapports des forces, le fort fait sa loi, et à partir de la loi on peut régler les problèmes qui sont liés à la concurrence politique. Cet arrêté c’est une sommation que l’on adressée à l’endroit de ces trois acteurs de l’opposition.
FM : Quelles sont les critères pour qu’un parti politique soit reconnu au Congo ?
CEP : Parmi les critères de création d’un parti politique au Congo les membres fondateurs doivent être originaire d’au moins de 3 ou 4 départements différents. Et le parti doit avoir l’ancrage territorial c’est-à-dire avoir des sièges dans au moins 6 départements. Si l’on tient compte des critères de sélection la plupart des partis au Congo devraient être retirés de cette liste. Le cas du Conseil National des Républicains (CNR) de Frédéric Bitsamou alias pasteur Ntoumi, et le Mouvement Républicain (MR) de Destin Gavet. Le MR n’est pas d’ancrage territorial en dehors de quelque bavardage qu’il fait sur les médias. Le seul élu de son parti a fait défection.
Ces acteurs ne pourront pas se présenter à la présidentielle de 2026 avec label de leur parti : Est-ce que cela réduit leur change ?
Symboliquement oui. Mais cela ne change rien fondamentalement. Est-ce qu’on leur a retiré les électeurs ? Leurs sympathisants ? Au contraire ils sont mis dans une posture de sympathie vis-à-vis des électeurs. Nous avons le cas de Mokoko en 2016. Ils peuvent fédérer autour d’eux d’autres partis. Cela ne changera pas le jeu politique. Au Congo les candidats peuvent être présentés par parti politique ou en indépendant. C’est vrai que la structure organisationnelle où le candidat peut mobiliser est affectée. Il y’a une volonté manifeste de nuire aux leaders de l’opposition. Ces leaders à l’exception de Dave Mafoula qui bénéficie des privilèges du pouvoir. Clément Miérassa est aujourd’hui l’opposant le plus en vue qui produit les réflexions avec les chiffres chaque semaine chaque des réflexions qui dérangent. Et Jean Jacques Yhomby on lui reprocher sa récente rencontre avec Ntoumi, cela a suscitée l’envie de sa candidature.
















































